C’est la seule supplémentation que tous les médecins recommandent avant même la conception, et pourtant peu de futures mères savent exactement pourquoi, ni ce qui distingue l’acide folique de la pharmacie du folate présent dans les légumes verts. La différence n’est pas un détail de vocabulaire : elle concerne la façon dont l’organisme transforme la vitamine, et elle explique pourquoi une forme active a fait son apparition dans les compléments ces dernières années.
Pourquoi la vitamine B9 est la première du calendrier
Le tube neural, qui deviendra le cerveau et la moelle épinière du bébé, se referme entre le 21e et le 28e jour après la conception, souvent avant que la grossesse ne soit connue. Un apport suffisant en vitamine B9 à ce moment précis réduit fortement le risque d’anomalies de fermeture, dont le spina bifida. La démonstration est l’une des plus solides de la nutrition : en 1991, l’essai du Medical Research Council britannique, publié dans The Lancet chez des femmes ayant déjà eu une grossesse touchée, a mesuré une réduction de 72 pour cent du risque de récidive avec une supplémentation. L’année suivante, l’essai hongrois de Czeizel et Dudas dans le New England Journal of Medicine montrait le même effet protecteur pour une première grossesse.
C’est pourquoi les recommandations sont unanimes : 400 microgrammes par jour, à commencer au moins quatre semaines avant la conception et à poursuivre jusqu’à la fin du premier trimestre. Pour les femmes ayant un antécédent ou certains traitements, le médecin prescrit des doses plus élevées.
Acide folique et folate : le même nutriment, pas la même molécule
Le folate est la forme naturelle de la vitamine B9, celle des épinards, des lentilles et des agrumes. L’acide folique est une forme de synthèse, stable et peu coûteuse, utilisée dans la plupart des compléments et dans l’enrichissement des farines dans de nombreux pays. Pour être utilisé par les cellules, l’acide folique doit être converti en plusieurs étapes jusqu’à sa forme active, le 5-méthyltétrahydrofolate, ou 5-MTHF. La dernière étape dépend d’une enzyme, la MTHFR.
Or une partie de la population porte une variante génétique qui réduit l’activité de cette enzyme. Environ dix pour cent des Européens sont porteurs de la forme homozygote la plus fréquente, dont l’activité enzymatique est diminuée de moitié ou plus. Chez ces femmes, la conversion de l’acide folique est plus lente, et une fraction de la vitamine circule sous forme non métabolisée. C’est ce constat qui a conduit au développement de compléments apportant directement le 5-MTHF, la forme que l’organisme utilise sans conversion.
Ce que les études ont mesuré sur la forme active
Plusieurs essais ont comparé les deux formes. En 2006, Lamers et ses collègues ont suivi pendant 24 semaines des femmes en âge de procréer recevant soit de l’acide folique, soit du 5-MTHF à dose équivalente : le folate des globules rouges, le marqueur de référence des réserves, a augmenté au moins autant avec la forme active, et davantage selon certaines analyses. Une revue publiée en 2010 par Pietrzik et ses collègues concluait que le 5-MTHF est au moins aussi efficace que l’acide folique pour élever le statut en folate, avec l’avantage de ne pas dépendre de l’enzyme MTHFR et de ne pas générer d’acide folique non métabolisé dans le sang. Ce dernier point reste un sujet de recherche : la signification clinique de cet acide folique circulant n’est pas établie, mais son absence avec la forme active est un argument que retiennent de nombreux praticiens.
Il faut être précis sur ce que cela signifie et ne signifie pas. Les grands essais de prévention du tube neural ont été menés avec de l’acide folique, qui a largement fait ses preuves. La forme active n’est pas plus efficace pour prévenir ces anomalies, elle est mieux assimilée par les femmes dont la conversion est lente, et elle évite une étape métabolique. Pour une femme sans variante génétique connue, les deux formes conduisent au même résultat.
Les autres nutriments qui comptent à cette période
La vitamine B9 ne travaille pas seule. La vitamine B12 lui est indissociable, et une supplémentation en folate sans B12 peut masquer une carence de celle-ci, un point à surveiller chez les femmes végétariennes ou végétaliennes. Le fer, l’iode, la vitamine D et les oméga 3 DHA complètent le tableau des besoins qui augmentent dès le début de la grossesse, et les formes choisies comptent autant que les doses : un fer bisglycinate est mieux toléré sur le plan digestif qu’un sulfate, ce qui n’est pas anodin quand les nausées s’en mêlent.
C’est la logique des compléments grossesse Nutrition•pro, qui privilégient les formes actives et bien assimilées, le folate en 5-MTHF breveté Quatrefolic® et les minéraux chélatés. Nutrition•pro est une marque française de compléments alimentaires fabriqués en France.
Ce qu’il faut retenir, et ce qu’il ne faut pas faire
Commencer la vitamine B9 avant la conception, dès l’arrêt de la contraception, est le geste qui compte le plus. La forme active est un choix pertinent, en particulier pour les femmes qui connaissent leur statut génétique ou qui ont eu des difficultés avec l’acide folique, mais elle ne remplace jamais une prescription. Une femme à qui son médecin a prescrit une dose élevée d’acide folique ne doit pas la substituer de sa propre initiative. Et quelle que soit la forme, la supplémentation accompagne le suivi médical de la grossesse, elle ne s’y substitue pas.